Leopardus 2014 : Médaille d’OR au Concours Mondial des Vins Féminalise

Leopardus au Palmarès 2017 des Feminalise - Médaille d'Or
Médaille d’Or pour Leopardus !

Je vous délaisse depuis quelques temps, vous qui êtes prêts de 300 à être abonnés à mon blog, parfois depuis sa création en 2012. Et pour cause, l’ouverture d’une cave est une activité prenante. Surtout si on y ajoute une épicerie fine. Et un site internet. Ou encore la promotion de marques propres. La Maison Girondine, ainsi qu’on l’a nommée avec ma mère, a récemment ouvert. Et notre grande cuvée, Leopardus, vient d’obtenir une jolie récompense à un concours international.Leopardus 2014

Leopardus 2014 : notre grande cuvée a été primée dans la catégorie la plus relevée du concours.

Il s’agit d’un vin d’exception produit en petite quantité grâce au partenariat d’un producteur talentueux en AOC Côtes de Bourg. Ce millésime est le premier produit depuis l’inaugural 2011. Une belle expérience dont j’étais l’initiateur et qui méritait qu’on poursuive l’aventure. Pour la peine, difficile de rêver mieux que cette médaille d’or dans un concours réputé exigeant.

Organisé à Beaune pour la 11e fois, le Concours Mondial des Féminalise est en plein essor. Depuis 2015, son statut est devenu international et la prochaine édition sera organisée à Paris. Les Féminalise dégustent à l’aveugle plus de 4.000 vins avec 3 dégustatrices pour un vin, placées chacune sur des tables différentes pour éviter de s’influencer entre consœurs. Avec un jury composé exclusivement de femmes, d’où son nom. Rassurez-vous, elles sont plusieurs centaines à se répartir la tâche. Leopardus obtient donc une première médaille d’or pour sa première participation à un concours de dégustation officiel.

La Maison Girondine cave à vin
La Maison Girondine présentait un vin à un concours officiel pour la première fois. Notre cave est située à Cars, en Gironde, à 2km de Blaye.

Côtes de Bourg, avez-vous dit ? L’occasion m’est donnée de revenir sur la genèse d’une cuvée d’exception, puisque Leopardus est un projet que j’ai porté personnellement : pour convaincre mon père de produire le premier millésime avec nos vignobles en AOC Blaye Côtes de Bordeaux, en 2011, j’ai du faire ma propre cuvée ! Il m’aura fallu presque une année de travail…

Déjà, comme au Concours Mondial des Vins Féminalise, c’est une dégustation à l’aveugle qui emportait l’adhésion de mon paternel. En 2010, après avoir terminé mon Master 2 Droit de la Vigne et du Vin à l’Université de Bordeaux, j’ai travaillé un mois dans les chais. Un moyen pratique, c’est le cas de le dire, d’assister aux vinifications : la saison des vendanges, mais vue de l’intérieur. A plusieurs reprises dans mon parcours j’ai rencontré des personnes talentueuses, passionnées, qui m’ont certainement transmis une partie de leur savoir sinon de leur regard sur le vin. Cette fois, le talentueux maître de chai – un œnologue diplômé – allait me prodiguer tous les conseils dont je pouvais avoir besoin !

Un soir, après une journée bien remplie et avant la nuit, je suis allé faire ma mini récolte, avec un sécateur et quelques seaux, choisissant sur les plus jolies parcelles les meilleurs pieds, du moins les meilleures grappes. Ce sont les mêmes parcelles, argilo-calcaires et argilo-graveleuses, qui seraient également retenues pour produire le premier millésime de Leopardus : 2011. Revenons à l’année précédente. Je passais donc plusieurs heures à trier les quelques kilos de raisins vendangés, pressant ma récolte au milieu de la nuit.

Pour faire office de cuve, j’avais un pot de lait d’une vingtaine de litres pour la fermentation. Avec de nombreux pigeages manuels pour donner corps à mon idée – le pigeage est une opération qui consiste à enfoncer les peaux de raisin dans le jus… sous l’action du gaz les peaux (le marc) flottent en surface, le but étant d’obtenir davantage de concentration tout en protégeant le moût de la cuve de l’oxydation (l’oxygène permettant à une bactérie de transformer le vin en vinaigre ; le moût étant le jus de raisin en fermentation).

Un élevage dans un mini fût de 10 litres allait suivre dans un barricot tout beau tout neuf acheté pour l’occasion. Il allait durer seulement 7 mois. Pourquoi « seulement » ? Pour situer l’échelle, si on oublie les histoires de copeaux et autres ou maquillages flatteurs pour des vins de consommation rapide, deux paramètres interviennent principalement avec un élevage en fût traditionnel :

  • La qualité du fût : s’il est neuf il marquera davantage les vins, on le réservera donc à des vins déjà naturellement structurés, puissants, en tout cas avec un minimum de corps… un fût de un vin (= qui a déjà accueilli un millésime) marquera moins les vins. Un fût de deux vins (= deux millésimes) encore moins. Etc. Ce « marquage », disons cette influence, opère à deux niveaux : sur les sensations tactiles en bouche avec un apport en tanins, et au niveau aromatique (on trouvera des arômes boisés ou torréfiés, puis de grillé, plus rarement de fumé, assez souvent de vanille, plus ou moins présents de cuir ou encore de caramel, café, tabac, cacao… et cætera).
  • La durée de l’élevage : celui-ci durera en moyenne 6 mois pour un vin souple, doté d’un corps léger auquel on veut seulement apporter un peu de corps ou simplement pour l’affiner, souvent les deux car la barrique offre plusieurs avantages : elle apporte de la structure et une complexité aromatique mais aussi du gras. L’élevage durera 12 mois pour la majorité des grands vins dignes de ce nom et souvent encore abordables. Il faut avoir en tête le prix d’une barrique neuve : rien à moins de 600€ pour 300 bouteilles, soit 2€ par bouteille. L’élevage intégral en fût neuf est donc rare chez les vins à moins de 10 euros, et en même temps un assemblage avec par exemple un tiers de vin issu d’un fût neuf, un tiers issu d’un fût de un vin et un tiers issu d’un fût de deux vins… allège la note et atténue les effets indésirables du bois (essentiellement quand ceux-ci sont trop marqués).

On trouve des durées d’élevage encore plus longues mais, quand il dure 18 mois, on atteint les choses vraiment sérieuses. Je pense aux grands crus bordelais mais pas uniquement. Beaucoup de Rioja en Espagne montrent à cet égard un exemple intéressant sur des vins plus abordables. C’est donc aussi le cas pour Leopardus, en 2011 comme en 2014.

Dans le cas de mon expérience, en 2010, il s’agissait d’un petit contenant. La barrique bordelaise, c’est un volume de 225 litres. D’où les 300 bouteilles évoquées ci-dessus. Mon barricot, 10 petits litres… J’ai donc produit une douzaine de flacons. Plus le volume est faible et plus la prise de bois, pour l’appeler ainsi, est rapide. Et marquée. Donc 7 mois sur un contenant 20 fois plus petit que la normale… cela correspondait peut-être bien à un élevage de longue durée. Au final, le vin était très dense, présentait beaucoup de rondeur, d’expression, ainsi qu’une belle longueur en bouche.

Le résultat, en tout cas, plu beaucoup à mon père. A sa grande surprise car les petits volumes s’abîment facilement et aussi parce que le résultat lui était inattendu. J’avais visé un vin concentré et très rond. La décision fût immédiatement prise de produire un vin semblable. Il restait encore à trouver le nom et à lui attribuer une étiquette dédiée, mon goût pour la mythologie permettant de puiser quelques idées : Leopardus est un hommage à Bacchus, le dieu du vin, dont le cortège animalier comprend notamment les fameuses panthères qui figurent sur l’étiquette. Leopardus signifie en effet panthère en latin.

Pour revenir à l’élevage, sa longue durée a retardé la commercialisation du millésime 2011 et le retour d’expérience concluant mais tardif a également décalé la sortie d’un second millésime. C’est à présent réparé et nous tâcherons de pérenniser sa production.

J’espère avoir fait le tour de la question de la naissance de notre grande cuvée. Cette médaille d’or réjouissante était un bon prétexte pour revenir sur une création originale. Vous aurez certainement d’autres nouvelles de notre activité. Pour l’instant je vous invite simplement à visiter notre site(*) où vous pourrez retrouver Leopardus et sa fiche détaillée :

www.lamaisongirondine.fr

(*) Site qui a remplacé http://www.alexis-sabourin-wines.com en même temps que la société a remplacé mon activité d’autoentrepreneur. On a essayé de moderniser l’ensemble tout en gardant l’esprit, notamment à travers les couleurs.

Concours Mondial des Vins Féminalise palmarès 2017 - Leopardus médaille d'or !

 

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