L’Union des Côtes de Bordeaux continue de grandir

L’Union rassemble actuellement les AOC suivantes : Côtes de Bordeaux comme premier niveau de qualité puis, avec un cahier des charges plus strict, la même dénomination est précédée cette fois de l’appellation d’origine précise pour le niveau supérieur : Blaye – Côtes de Bordeaux, Cadillac – Côtes de Bordeaux, Castillon – Côtes de Bordeaux et Francs – Côtes de Bordeaux. Si vous cherchez encore les Premières Côtes de Bordeaux, il s’agit à présent des Cadillac – Côtes de Bordeaux. Aux quatre membres actuels, un cinquième va bientôt s’unir puisque l’AOC Sainte-Foy Bordeaux va devenir Sainte-Foy – Côtes de Bordeaux.

L’intégration de l’AOC Sainte-Foy Bordeaux

Précision préliminaire : Sainte-Foy se situe au Sud-Est de Castillon, de l’autre côté de la Dordogne, donc dans l’Entre-Deux-Mers. Huit années auraient été nécessaires pour permettre son intégration. Ce qui permet de dire que celle-ci était prévue dès le départ étant donné que l’Union des Côtes de Bordeaux fête cette année ses… huit ans. Ce mouvement concerne une trentaine de vignerons répartis sur 500 hectares dont l’entrée serait actée pour le millésime 2016.

Leur adhésion a demandé plus que le seul vote des Vignerons des Côtes de Bordeaux, acté le 12 mai dernier. En effet, outre un consensus préalable, les vignerons de l’AOC Sainte-Foy ont du adapter leur cahier des charges, document qui fixe les règles et le standard de qualité de l’appellation pour ses producteurs. Le leur était plus large que celui des Côtes communales. Le territoire concerné est donc, me semble-t-il, le même pour rejoindre la famille des Côtes de Bordeaux générique mais, concernant la dénomination communale Sainte-Foy, le territoire concerné a été réduit.

Les Côtes de Bordeaux pourraient encore s’agrandir

Prochain candidat en vue ? L’appellation Saint-Macaire – Côtes de Bordeaux produit actuellement des blancs secs et moelleux sur 65 hectares répartis entre de nombreux propriétaires qui produisent également du vin rouge en AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Géographiquement, elle s’inscrit dans le prolongement des AOC Cadillac – Côtes de Bordeaux et Sainte-Croix-du-Mont. On est donc dans l’Entre-Deux-Mers. A l’Ouest, de l’autre côté de la Garonne, se trouve le Sauternais. En fait, si j’ai bien suivi, l’intégration des producteurs de Saint-Macaire à l’Union des Côtes de Bordeaux leur permettrait de produire non seulement leur vin blanc sous cette dénomination, mais également leur vin rouge. Pour info, il existe déjà des Côtes de Bordeaux blancs pour Blaye, Cadillac (doux) et Francs. Castillon voit la vie seulement en rouge.

Et les Côtes de Bourg alors ?

Si les Côtes de Bourg font bande à part, c’est volontaire. Les relations entre producteurs de Blaye et de Bourg, voisins directs, ont toujours été particulières. Pour l’Union des Côtes de Bordeaux, cette adhésion serait certainement un atout pour avoir plus de poids. C’est connu, l’union fait la force. Pour les producteurs Bourgeais, on en parlait pour Sainte-Foy, il manque encore un consensus. Personnellement je trouve cela dommage car il faut garder une chose à l’esprit. L’irréductible village gaulois est un mythe : il s’appelle Astérix et son pendant historique s’appelle Vercingétorix.

Dans un secteur frappé par la crise(*) où les décisions sont généralement – pour ne pas dire toujours – motivées par des contraintes économiques, les choses peuvent vite évoluer. L’Union discute en ce moment avec la Place de Bordeaux pour obtenir le soutien du négoce en particulier sur les marchés étrangers : sa part à l’export qui est de 22% a doublé depuis sa création et son objectif est de doubler à nouveau les volumes commercialisés à l’export. Avec les Côtes de Bourg, la boucle serait bouclée car la famille des Côtes de Bordeaux serait complète.

Hop, avec une petite carte, c’est plus facile de situer tout ce petit monde :

Carte Union des Côtes de Bordeaux
Bientôt, il va falloir reprendre les crayons de coloriage… Donc Sainte-Foy est à l’Est de Castillon et Saint-Macaire à l’Est de Cadillac, sur la Garonne. Enfin, Bourg est au Sud de Blaye au niveau du bec d’Ambès (face à Margaux).

(*) On est bien d’accord, rares sont les secteurs épargnés par la crise. On vante les chiffres records des exportations de vin français alors pourquoi dis-je que la viticulture est en crise ? Tout simplement parce qu’elle l’est ! Sa relative bonne santé comparé à d’autres filières ne doit pas masquer la réalité.

Premièrement, en Gironde, seuls les grands châteaux surnagent vraiment. Les Bordeaux ont souvent une image de vin cher. C’est vrai pour les stars du Médoc et du Libournais. Autrement, les vins qui présentent un excellent rapport qualité-prix autour de 10€, disons entre 5 et 15€, sont nombreux, notamment parmi les Côtes de Bordeaux. On trouve aussi des top vins entre 15 et 30€, voire 50€. Au-delà se situent les vins spéculatifs, produits de placement qui contribuent à donner cette image du Bordeaux vin cher. Sachez-le et répétez-le : cela concerne moins de 1% de la production !

Deuxièmement, si l’export augmente, c’est aussi parce que la consommation nationale diminue. Et là nos viticulteurs se frottent notamment aux multinationales étrangères dont les coûts de production sont beaucoup plus faibles. En bref, entre un groupe international qui achète des milliers d’hectares dans une pampa et notre famille de vignerons sur quelques hectares ou dizaines d’hectares, ce n’est plus Vercingétorix contre César, c’est David contre Goliath. Le prix de vente est déterminant. On y vient.

Troisièmement, si on le ramène à la bouteille (il y a des ventes en vrac), le prix moyen du vin français sur ces marchés est inférieur à 3 euros. Et cela en incluant toute la production nationale, en allant du vin de table aux plus grands crus (à la seule exception notable du Champagne qui est un produit à part). Vous voyez qu’il y a moins de quoi rêver.

Dernièrement, c’est une filière dont on vante souvent la deuxième place à l’export, derrière notre dernier fleuron industriel, l’aéronautique, et au coude-à-coude avec la chimie. Si la filière viticole se porte comme-ci comme-ça, c’est dire dans quel état sont les autres pans de notre économie. En achetant du vin français, vous soutenez notre économie.

Sources : Aquitaine Online, Vitisphere, Sud Ouest.

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