Vino Bravo, une journée de débats à Bordeaux

Vin et Société, l’association représentative des 500.000 acteurs de la filière vitivinicole (comme elle le revendique à juste titre), organise en partenariat avec le magazine Le Point une journée de débats ouverte au grand public. C’est l’évènement Vino Bravo.

Voici les informations à retenir sur cette journée :

Le 30 Novembre 2013
De 9h00 à 18h00
Palais de la Bourse – Bordeaux

– gratuit et ouvert au grand public –

Vin et Société et Le Point

Pour l’occasion, je me permets de citer Jacques Dupont, le Monsieur Vin du Point qui dénonce l’état d’esprit actuel des pouvoirs publics et ses contradictions (ici la Cour de Cassation, qui applique juste le droit en vigueur, soit la loi Evin) :

En 2012, la Cour de Cassation interdisait une campagne de publicité au motif qu’elle « visait à promouvoir une image de convivialité associée aux vins de Bordeaux de nature à inciter le consommateur à absorber les produits vantés ». Voilà donc qu’au pays de Baudelaire et d’Apollinaire, ce ne sont ni l’ivresse, ni la déchéance qui sont traquées, mais l’image de fraternité et de partage qui se dégage d’un simple verre de vin !

Les organisateurs ont donc pour but « de remettre les choses à leur plus juste place », de ramener la raison au centre du débat, et présentent l’évènement comme :

« Une journée experte et citoyenne, gratuite et ouverte au grand public (environ 500 visiteurs attendus) largement médiatisée, organisée autour de débats sur la place du vin dans notre société. L’apport des meilleurs spécialistes se combinera avec des personnalités de la société civile pour faire en sorte que le vin retrouve la place centrale qui est la sienne. »

Pour rappel, Vin et Société demande au gouvernement la création d’une instance interministérielle(*) dédiée au vin. A titre personnel, je salue cette initiative qui permettrait de débattre dans le bon sens, celui de la prévention et de l’éducation. Je suis quelqu’un qui a les excès en horreur. Mais on a aussi le droit de profiter des bonnes choses. S’abstenir, c’est faire excès de modération.

Pour revenir au cadre juridique, la loi Evin énonce uniquement des interdictions (en plus d’amalgamer le vin avec des produits qui n’ont aucun rapport avec lui) et aboutit à l’effet inverse de celui escompté. En faisant circuler le message que boire des alcools de synthèse ou du vin conservé dans des fûts de chêne, c’est du pareil au même, on veut faire passer des vessies pour des lanternes !

C’est même presque criminel de soutenir cette idée vu le comportement des jeunes générations, mais j’ai assez radoté sur le sujet.

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(*) Le terme interministériel est justifié : la filière vitivinicole dépend du ministère de l’agriculture et du ministère de la consommation.

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Voici les thèmes qui seront abordés au cours de cette journée (avec à chaque fois un petit commentaire perso pour mieux cerner le sujet) :

¤ Investissements, transmission du patrimoine et des savoirs, forces et faiblesses de la filière ?

On démarre avec un vrai sujet car il y a un vrai enjeu : seuls 20% des viticulteurs ont moins de 40 ans. Les repreneurs se font rares…

¤ La loi Evin est-elle un despotisme ?

Les instances du vin véhiculent le message qu’il faut moins boire, mais mieux boire. Des efforts mal récompensés.

¤ Santé publique et dimensions culturelles en France, pourquoi ce malaise ?

Le ministère de la Santé à déclaré la guerre au vin (c’est mon avis), et la consommation de vin diminue. Pourtant la consommation d’alcool et ses méfaits sont toujours là. La faute du vin ?

¤ Reconquête de la jeunesse : qui sonnera la charge ?

Si le goût du vin se transmet entre les générations, c’est aussi l’apprentissage du savoir-boire. Aujourd’hui les jeunes arrêtent de boire du vin sans que cela les empêche de se saouler.

Ces petits résumés synthétisent un peu chaque question mais c’est surtout mon opinion qui transparait. Voilà pour la présentation de cette journée de débats et de réflexion.

Cela fait plaisir de voir le dynamisme d’une filière qui sait se remettre en question, une filière aussi éclatée que le découpage géographique français. Le vin est-il si mal pour que plus de 400 AOC françaises aux intérêts a priori divergents fassent cause commune ? Oui, les grandes propriétés gonflent les stats et sont l’arbre qui cache la forêt. L’heure est assez grave pour la filière vitivinicole française, et malgré ce constat notre pays est sûrement le seul à ne pas encourager la production viticole.

 

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