Syrie : le pire pour le vin, c’est la guerre !

Alors qu’un accord se profile à l’ONU, la Syrie vit toujours dans le chaos. Une situation qui, dans n’importe quel pays viticole, serait néfaste à la fois pour l’œnotourisme et – surtout – pour la production.

La Syrie est loin d’être une nation viticole, ou vinicole pour être plus précis. La population, majoritairement musulmane, compte 22 millions d’habitants dont environ 10% de chrétiens. La ville de Soueïda abrite un festival de la vigne(1), preuve qu’elle y est cultivée dans la région. Et elle l’est depuis longtemps, puisque sous l’Empire romain elle portait le nom de Dyonisias, qui rappelle à juste titre le nom de la divinité grecque du vin, Dionysos.

Si la vigne y est cultivée, le pays compte une seule exploitation viticole. Cette propriété est le domaine Bargylus, créé par la famille Saadé en 1998 qui possédait déjà 50 hectares au Liban avec le Château Marsyas. Bargylus est plus modeste avec ses 10 hectares, l’objectif des propriétaires libano-syriens étant de faire revivre cette très ancienne région viticole.

Le site britannique d’actualité vitivinicole Harpers.co.uk s’est intéressé au cas de cette exploitation menacée par la guerre. Comme cet article est en anglais, je m’en fais l’écho francophone rapide pour rapporter les difficultés que le conflit fait subir à cette exploitation particulière. Pour les anglophones, l’intégralité de l’article est disponible sur la page suivante : http://www.harpers.co.uk/news/exclusive-domaine-bargylus-reveals-what-life-is-like-as-syrias-only-winery/349116.article

Les propriétaires racontent que des combats ont eu lieu à moins de 500 mètres de la propriété. Toutes les personnes travaillant sur l’exploitation ont fui. Les habitants du village voisin aussi pendant un temps, ce qui a menacé jusqu’à la tenue des vendanges elles-mêmes. Outre cette menace directe, planait également celle de subir des actes de vandalisme. Une partie du stock a donc été mise à l’abri… en Belgique ! Peut-être pour anticiper les conséquences d’un pillage ou d’un bombardement ? Et ce n’est plus le consultant français qui se déplace mais les échantillons qui doivent venir à lui. Outre la logistique, la durée du transport complique les choses puisque les analyses doivent être effectuées dans un délai bref. Mais les Saadé veulent tenir bon car leur souhait est de montrer la voie à d’autres potentiels producteurs. Voilà ce que dit d’ailleurs le consultant du domaine :

« C’est un terroir qui un jour sera connu dans le monde entier » Stéphane Derenoncourt, flying winemaker bordelais(1).

Gageons que Dionysos entende le consultant français et que la paix revienne bientôt en Syrie.


Davantage d’infos sur les vins de la famille Saaré sur le blog du journaliste franco-libanais Hicham Abou Raad : http://abouraad1.wordpress.com/2013/02/28/bargylus-et-marsyas-des-vignobles-et-des-guerres/

(1) Info trouvée sur la page wikipedia de la ville de Soueïda :http://fr.wikipedia.org/wiki/Soue%C3%AFda

(2) Cette expression désigne les consultants globe-trotter, le plus célèbre étant Michel Rolland.

 

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