L’influence du sol et du microclimat sur la date des vendanges

Quand vont commencer les vendanges en Gironde ? On y voit maintenant un peu plus clair. Mais chaque sous-région a son calendrier. La nature du sol et le microclimat local expliquent ces disparités.

Sous ces jeunes plants, la couleur du sol ne laisse aucune part au doute : il est argileux. Mais vous voyez ces cailloux blanc : le calcaire apparait en surface.
Blaye [prononcez « bl-aïe »], mi-juillet. Sous ces jeunes plants, la couleur du sol ne laisse aucune part au doute : il est argileux. Mais vous voyez ces cailloux blanc en surface : le calcaire se dévoile.

Dans les Graves, le terroir est très précoce. On est plus au Sud et les sols très graveleux sont riches de ces cailloux, les fameuses graves, qui abondent en surface et redistribuent la chaleur absorbée pendant les journées ensoleillées. Traditionnellement, ce sont donc les Graves blancs qui débutent le bal (à partir du ban des vendanges, la décision du préfet permettant de les commencer, même si une majorité de producteurs démarrent leur récolte plus tardivement). Ce sera certainement vers la fin du mois cette année pour les blancs. Et un peu plus tard pour les rouges (début octobre).

Dans le Médoc, les producteurs misent sur mi-octobre, soit un peu plus tard : comparé au Graves, il y a des sols semblables mais on est plus au Nord, et plus près de l’océan. Cela joue sur la maturité des raisins, plus tardive. Pour mieux illustrer ce phénomène, soulignons la disparité qui existe au sein même du Médoc. Exemple avec cet extrait paru dans la jolie revue Vigneron (n°14, Automne 2013, p123) : « Coincée entre la Gironde et l’océan, sur des terres plus froides que le Sud du Médoc, Saint-Estèphe vendangeait souvent en dernier. » L’article précise qu’il y a également davantage d’argile et moins de graves dans cette appellation.

Dans le Libournais, où les sols sont majoritairement argilo-calcaires, le producteur et négociant Jean-Luc Thunevin vient d’annoncer sur son blog que les vendanges auront lieu à partir du 7 octobre. On commencerait donc plus tôt que dans le Médoc. De fait, le climat est plus continental dans le Libournais, éloigné de l’océan, même si les différences sont subtiles à l’échelle d’une année.

A Blaye, où les sols argilo-calcaires prédominent également, on démarre toujours en moyenne une semaine à 10 jours après Saint-Emilion. Ce qui nous ramène au 15 octobre. Voire au 17 selon mon père… la messe est dite ! La raison de cet écart impressionnant vu la distance légère qui sépare Blaye et Libourne (40km à vol d’oiseau) tient à un tout petit écart des températures moyennes sur l’ensemble de l’année. Un peu comme pour les Graves et le Médoc.

Cet écart vaut parfois aussi au sein d’une même sous-région, comme le montre notre exemple avec Saint-Estèphe. Comme quoi, même si la nature des sols joue également un rôle, 1 ou 2 degrés peuvent tout changer !

Des vignes sur les hauteurs, des bottes de foin dans les creux : avec trop d'humidité, le raisin mûrirait mal. Au loin, on aperçoit le Château Segonzac.
Toujours dans le Blayais, même période. Des vignes sur les hauteurs, des bottes de foin dans les creux : avec trop d’humidité, le raisin mûrirait mal. Au loin, on aperçoit le Château Segonzac.

 

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