Les Premiers grands crus classés et les vins assimilés – le club des Huit

Le club des Huit, ou club des 8, c’est un peu comme le G8. Au début, il y a 8 membres. Puis, progressivement, la famille s’élargit. Lentement, mais sûrement. Quels sont les membres de ce club officieux ? Autrement dit, quels sont les meilleurs vins de Bordeaux ?

On pourrait reformuler la dernière question autrement car en matière d’excellence, beaucoup de vins se hissent au meilleur niveau : la vérité des dégustations à l’aveugle a montré que certains vins rayonnaient au firmament de la qualité bien qu’en dehors de ce club très fermé. Pour être exact, ce club informel regroupe les vins de Bordeaux les plus prestigieux. Originellement affaire d’Histoire, incontestablement affaire de goût, également affaire de gros sous.

Cette liste comprend les 5 premiers crus classés en 1855(*). Ce classement est intemporel, immuable, comme gravé dans le marbre pour l’éternité. Il faut préciser qu’un remaniement du classement susciterait en effet, comme actuellement à Saint-Emilion, l’opposition de propriétaires inquiets d’un terrible manque à gagner (et à juste raison car les pertes s’évaluent alors en millions d’euros, à cause de la diminution du prix qui s’ensuit). Seul Mouton a réussi la performance de passer du 2e rang au 1er en 1973.

Parmi eux figure également, chose elle aussi inédite, un vin classé Premier à la fois parmi les vins du Médoc et parmi les vins des Graves : Haut-Brion. La raison est ici historique et cette position une juste récompense, cette propriété étant à l’origine des progrès réalisés au XVIIe siècle. A ces ambassadeurs de la première heure, nous pouvons y associer leurs équivalents de l’autre rive : les Saint-Emilion Premiers grands crus classés A. Cette lettre a son importance, étant donné qu’à Saint-Emilion, il y a après eux les Premiers grands crus classés B, antichambre des précédents avec des vins plus nombreux (pas loin d’une quinzaine).

Enfin, Pomerol est une appellation certainement trop petite pour avoir son propre classement, et quand bien même ce serait le cas, le roi Petrus y trône au-dessus des autres vins. Par son prix qui est le plus élevé des grands Bordeaux, il est logiquement assimilé aux crus classés.

Voici par ordre alphabétique la liste des vins qui composent le Club des Huit :

–          Château Ausone

–          Château Cheval Blanc

–          Château Haut-Brion

–          Château Lafite-Rothschild

–          Château Latour

–          Château Margaux

–          Château Mouton-Rothschild

–          Petrus

Nous évoquions un élargissement de cette famille pourtant hermétique. En 2012, effectivement, le classement des vins de Saint-Emilion a promu au rang suprême deux vins supplémentaires : le Château Angélus et le Château Pavie. De fait, sans s’attarder sur les critiques relatives aux critères du classement (ne reposant pas uniquement sur la qualité du vin), ces grands crus, de par leur prix, méritent de rejoindre les précédents. Dans le même esprit, le Château La Mission Haut-Brion, qui a le même propriétaire que le Château Haut-Brion, a vu son prix et sa qualité se rapprocher de son illustre grand frère. Nous avons volontairement oublié le Château d’Yquem, roi des Sauternes, et pour cause : il faut comparer ce qui est comparable, donc il s’agit uniquement des vins rouges. Sans condition de couleur, seul premier cru classé « Supérieur » en 1855 au sein des Sauternes & Barsac, Yquem figure parmi cette élite, forcément.

D’autres prestigieux crus se massent aux portes du club des vins les plus illustres. Avec une demande mondiale connaissant une forte croissance constante, il y a fort à parier que les rangs s’élargiront. Certes, aux lauriers qui sont tressés à ces grands vins, on peut opposer cette critique : leur prix exorbitant donne aux Bordeaux l’image de vins chers alors que la plupart sont à un prix raisonnable, voire très raisonnable pour de nombreuses petites propriétés malmenées par la crise vinicole et par la crise financière actuelles(**). Néanmoins, ce sont à ces vins que le Bordelais doit sa notoriété mondiale, et à une partie de ces vins qu’il doit de nombreuses avancées qualitatives, aux siècles derniers, et encore au cours des dernières décennies.


(*) On parle de « crus classés » dans le Bordelais sauf à Saint-Emilion où ils deviennent, dans la continuité de l’AOC Saint-Emilion grand cru, des « grands crus classés ». D’où cette différence par exemple avec les vins du Médoc, Premiers crus classés (en 1855), leurs équivalents de Saint-Emilion étant des Premiers grands crus classés. La différence géographique importe davantage que la différence sémantique.

(**) La crise financière date de 2007-2008. Avant cela, la filière viticole et en particulier à Bordeaux, était déjà en crise depuis le début des années 2000. Les deux crises conjuguées ont fait des ravages puisque plusieurs milliers de propriétés ont cessé leur activité : autour de 10.000 il y a dix ans, elles sont maintenant environ 7.000…

 

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