Les primeurs de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc

Ces derniers jours avaient lieu les primeurs et j’ai pu profiter de l’occasion pour me rendre au Château d’Arsac, à… Arsac, sur l’appellation Margaux, pour la dégustation des primeurs 2011 de l’Alliance des Crus Bourgeois du Médoc.

Petite parenthèse pour définir un peu de quoi il s’agit. Les primeurs ont pour objectif de présenter les vins avant la fin de leur élevage, l’acheteur intéressant pouvant en faire l’acquisition, le vin lui étant livré une fois l’élevage terminé. Cette pratique typiquement bordelaise établie depuis deux siècles concerne généralement les grands crus, mais aussi les crus bourgeois. Pour les premiers, l’élevage plus long implique de la part de l’amateur d’avoir de la patience puisqu’il lui faudra attendre deux ans pour un vin qui, au moment de la livraison, sera encore bien jeune pour être apprécié immédiatement.

Le phénomène a gagné vraisemblablement quelques crus de Bourgogne et des Côtes du Rhône, sans doute parce qu’il est avantageux pour les deux parties : le producteur a une avance de trésorerie immédiate et le client paie un prix en-deçà de celui qu’il faudra verser une fois le vin fini. Certaines entreprises ont d’ailleurs fait des primeurs leur fonds de commerce… Pour les achats sur la toile, je vous renverrai quand même vers cet article d’un confrère blogueur avocat à propos des risques éventuels : http://www.gregoryvavasseur.com/blog/2012/01/02/LA-VENTE-DE-VIN-EN-PRIMEUR-ET-SES-PIEGES.aspx. Fin de la parenthèse.

La dégustation mettait donc en scène plus de 150 crus, d’après mon estimation, mais moins que la totalité des crus bourgeois puisque quelques uns manquaient à l’appel, tel Phélan Ségur (Saint-Estèphe). Dans les chais du Château d’Arsac, trois groupes de vins étaient présentés sur des tablées afin de distinguer les AOC Médoc et Haut-Médoc, ainsi que les appellations communales – les crus bourgeois des AOC Listrac, Moulis, Saint-Estèphe, Pauillac, Saint-Julien et Margaux étant donc réunis sur la même tablée, car moins nombreux du fait de la taille plus réduite de ces appellations et de la présence de nombreux crus classés.

De fait, ayant goûté un bon tiers des vins présents, j’ai constaté une grande homogénéité des échantillons. Dans le sillage des crus classés, ces vins ont dans l’ensemble une belle structure. Quelques uns étaient peut-être en-dessous de la moyenne, quelques autres au-dessus.

A titre personnel, la première surprise est venue du Château Maurac, un Haut-Médoc : sa charpente le démarquait des autres vins goûtés jusqu’ici. Ensuite, mais pour le connaitre, le Château Belle-Vue (Haut-Médoc) m’a également semblé plus proche d’un classé que d’un bourgeois. Sur le stand des appellations communales, peu de vins m’ont paru au-dessus de ceux-ci. Evidemment d’autres vins se sont montrés à leur avantage, tels les Château Larose-Trintaudon (Haut-Médoc) ou Rolland de By (Médoc). Et, inversement, certains ont déçu, soit par un défaut de structure soit par un boisé trop présent. Certes les primeurs présentent des vins très jeunes donc il est normal que le boisé soit présent, mais mes observations tiennent compte de conditions équivalentes.

A noter que quelques crus étaient tout de même, à l’instar du Château d’Arsac ou du Château Monbrison (Margaux), préparés pour l’occasion, c’est-à-dire en vue de donner un meilleur aperçu du produit fini (les vins en primeurs sont toujours en cours d’élevage à l’heure actuelle). Cela les rend plus agréables car privés de l’amertume de leur jeunesse. A ce titre, le Château d’Agassac (Haut-Médoc) est un cas curieux. Il y a de la matière mais la présence du bois masque l’ensemble de manière dommageable. Racheté il y a un certain temps et entièrement replanté, peut-être vise-t-on à masquer les éventuelles carences de vignes encore jeunes par le bois. C’est regrettable. Le fruité provenant du raisin ne doit pas être dominé par le boisé issu de l’élevage en barrique…

Il n’est pas évident de goûter des dizaines de vins en si peu de temps – précision faite qu’utiliser les crachoirs est une obligation – mais les Châteaux Patache d’Aux et d’Escurac dont j’avais entendu le plus grand bien m’ont également paru à leur avantage.

Un dernier mot sur la qualité du millésime 2011 dont on dit que c’est un classique bordelais. Comprenez par là qu’il s’agit d’une bonne année qui, sans être exceptionnelle, est à l’image des millésimes 2006 ou 2008.

 

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