Tags

, , , , , , , , , , , , , , , ,

Un rapport remis par le Professeur Michel Reynaud à la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie  recommande (parmi d’autres mesures) d’interdire purement et simplement toute forme de communication sur le vin sur Internet et les réseaux sociaux.

J’ai déjà râlé dernièrement (http://alexissabourin.wordpress.com/2013/06/10/pourquoi-la-taxe-comportementale-sur-le-vin-est-une-triple-ineptie/) alors je me contenterai de vous inviter à signer la pétition "Touche pas à mon vigneron". Il reste encore 2046 signatures pour en obtenir 5.000 avant de la présenter au Ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll, à sa collègue de la Santé Marisol Touraine, au Premier ministre Jean-Marc Ayrault et à la Présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie, Danièle Jourdain-Menninger. La pétition est sur cette page (merci pour votre contribution) :

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/sauvons-le-droit-d-expression-de-nos-vignerons

Mais voilà pourquoi il fallait déjà faire abroger la Loi Evin. Contrairement à ce que peut penser par exemple Arnaud Daphy, blogueur ès marketing du vin sur la page duquel j’ai découvert ce triste projet, une telle loi fait plus de mal que de bien. Ok, en empêchant les grandes marques d’alcools industriels (mais aussi les grandes marques de vin) de faire de la pub à grands coups de millions, elle a peut-être protégé les petits producteurs et atténué pour eux les effets de la crise qu’ils traversent depuis une dizaine d’années. Je pense plutôt qu’en stigmatisant le vin comme produit néfaste à la santé publique (notamment en l’associant aux cigarettes dans l’inconscient collectif), ses méfaits sont plus importants pour les producteurs.

La loi Evin sert en effet de tremplin idéal pour toute mesure encore plus restrictive sur la consommation d’alcool. Elle fait en quelque sorte office de jurisprudence.

Rappelons-le, ce n’est pas la consommation d’alcool le problème, mais l’excès dans la consommation d’alcool, ou plutôt des alcools. Et la solution pour lutter contre cette consommation excessive, à l’opposé du message de cette loi, loin de passer par la prohibition qui n’a jamais rien réglé, doit passer par la prévention et l’éducation.

C’est ce que fait le monde du vin qui joue le jeu de la consommation responsable. Au passage, alors que j’évoquais la consommation résiduelle de vin par les jeunes, la dernière étude de l’agence Sowine révèle que les 18-25 ans sont précisément 16% à en consommer(1). Un chiffre anecdotique qui confirme qu’en voulant mettre au pilori sans distinction tous les alcools, nos dirigeants (on parle quand même d’une mission interministérielle !) se trompent de combat. Eux qui ont mis en avant le concept de discrimination positive feraient bien d’étendre son application au domaine des alcools.

Pour conclure, le gouvernement serait bien mieux inspiré de prendre exemple sur nos voisins espagnols qui, au lieu de dénigrer le vin, font sa promotion à travers une consommation responsable(2). Rien de surprenant chez nos amis ibériques  dont la loi suprême reconnait au vin un statut particulier. A notre tour, nous devrions reconnaitre le vin comme élément de notre patrimoine culturel officiellement. Pourquoi la prochaine pétition ne demanderait pas simplement l’abrogation de la loi Evin au bénéfice d’un texte moins radical… et surtout plus intelligent ?

——————————————————————————————————————————

(1) http://www.winepaper.fr/les-francais-et-le-vin-6710
Par comparaison, ils sont 67% à consommer de la bière en soirée :

http://www.atoidechoisir.info/uploads/filemngr/fiches/information/consommation.pdf

Dommage, pas de données précises sur cette page mais elle a le mérite de faire la part des choses :
http://www.alcoolinfoservice.fr/La-consommation-d-alcool-des.html
Extrait :
"Les jeunes se distinguent également des adultes par la nature des boissons alcooliques qu’ils consomment : alors que le vin est la boisson la plus consommée dans la population française, il l’est peu parmi les 15-25 ans. A l’inverse, la bière et les alcools forts sont plus consommés par les jeunes."

Un autre chiffre sur http://www.vinetsociete.fr/prevention/consommation-jeune/chiffres : "les adolescents français préfèrent la bière (40%) et les spiritueux (39%), à moindre niveau le vin (24%)"

Force est de constater la pauvreté technique des études sur la consommation d’alcool. Il est difficile de trouver des chiffres car au lieu de distinguer clairement les différents alcools, on les met tous dans le même panier. Or habitudes de consommation et excès diffèrent largement d’un produit à l’autre.

(2) "Qui sait boire, sait vivre !", tel est le nom de cette campagne qui me prend à rêver de voir cela se produire un jour en France :
http://www.reussir-vigne.com/actualites/vin-et-sante-qui-sait-boire-sait-vivre-communique-la-federation-espagnole-du-vin:UHMLIWYC.html

About these ads